La Fête de la Musique 2012 (World Music Day) – Maldives

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Les arbres centenaires enveloppent la scène, les artistes et le public. Dans le feuillage, le son des boduberu (tambours traditionnels maldiviens) ouvre la fête : c’est Gutaki Buntaki qui rassemble la foule devant eux. Ils sont 12 sur la scène à jouer, à chanter, à danser et le public se laisse emporter.

Shan & Fira poursuivent avec un duo guitare acoustique de reprise pop et reggae, suivis par Faya, qui nous dévoile ses rythmes et ses boucles. La grâce et la fraîcheur des filles de Magenta viennent clore cette première partie de la fête.

Lorsque la prière se termine, le Sultan Park s’étonne avec Antoine et son mini-accordéon : voyageur de passage à Male’, il vient fêter la musique avec nous, en simplicité et complicité.

Et puis, et puis, et puis….C’est le génial Abaji qui entre en scène. Frémissement. Deux notes, trois notes, le public se lance et répond. Abaji nous souffle des tonnes d’énergie, tout le monde est pris dans ce tourbillon rythmique. Pour chacune de ses musiques, un instrument, une ambiance et de la magie en barre. Il nous enchante avec les airs d’Origine Orient, son cinquième album, enregistré en une seule prise et chanté dans les cinq langues de sa famille : français, arabe, grec, turc et arménien.

Abaji est né au Liban de père arméno-grec de Smyrne et de mère arméno-syrienne née à Istanbul… qui se sont rencontrés au Liban, pays de tous les exilés.
Il arrive en France en 1976 peu après le début de la guerre et se passionne pour les médecines chinoises : Tai Chi Chuan, Do-in et relaxations dynamiques. Thérapeute, il pratiquera le Tai Chi en milieu psychiatrique pendant sept ans. Mais la musique est une tradition familiale. Abaji débute la guitare à l’âge de 11 ans, et suivront d’autres instruments : de la clarinette aux percussions, du oud au bouzouki jusqu’aux flûtes récoltées lors de ses voyages. Plus tard, la transformation d’instruments lui permettra de synthétiser ses passions musicales : la musique indienne, orientale et le Blues.

Abaji est ce qu’on appelle un multi instrumentaliste, il en a plus d’une centaine chez lui. Ce soir, il nous présente entre autres le duduk, une flûte très ancienne et le bouzouki un instrument grec que les maldiviens découvrent avec curiosité et plaisir.

C’est une bourrasque qui soulève la foule lorsqu’il commence à jouer de son “oud-guitare”, instrument de son invention, et que les talentueux joueurs de boduberu du groupe Habeys le rejoignent sur scène.

Ce mélange musical inédit ravit les spectateurs qui se mettent à danser, emportés par ce nouveau son. Personne n’a envie que la musique s’arrête. Les nombreux musiciens d’Habeys jouent avec les rythmes traditionnels, leurs voix et leurs tambours emplissent le Sultan Park d’une énergie fantastique. Abaji les accompagne encore une fois et on peut lire du bonheur sur tous les visages.

C’est plus qu’un musicien de talent que nous avons accueilli à Male’, c’est un magicien, dont le rire clair et franc a touché jusqu’au fond du cœur les heureux spectateurs de la fête de la musique 2012.